Nombreux sont les passages de l’Évangile (et du Coran) citant des personnages, des lieux ou des épisodes de la Bible hébraïque. Mais le plus souvent, comme l’a montré le regretté père Michel Remaud, ces citations ne sont pas tirées du Tanakh lui-même, mais sont issus de commentaires, de midrashim, de « gloses », eux-mêmes traduits en grec ou en latin, si bien que les liens avec l’original biblique sont peu visibles et échappent non seulement aux profanes. Ainsi, quel lien y a-t-il entre le songe dit de l’échelle de Jacob, en Genèse 28, et l’épisode dit des pélerins d’Emmaüs, en Luc 24 ?
Le verset Genèse 28, 19 énonce :
WYQRA AT-SM-HMQWM HHWA BYT-AL WAWLM LWÇ SM-HŒYR LRASNH
VaYqra Ète-Chem-haMaqom HaHou Beyth-El veOulam Louz Chem-haYir leRichonah
Mot à mot : “Et il appela le nom de ce Lieu Bethel et cependant Louz (était le) nom de la Ville en premier”
Oulamlous est donc la transcription des deux mots Oulam Louz “cependant Louz”. Il y a bien un ancien nom de Bethel, mais celui-ci n’était ni Oulamlous, ni Oulammous, encore moins Emmaüs, c’était Louz.
Le nom d’Emmaüs apparaît au verset de Luc 24:13, ainsi traduit par Chouraqui :
13. Et voici, deux d’entre eux vont ce même jour
à un village du nom d’Amaous
à soixante stades de Ieroushalaîm.
Or le nom de ce village, dans de premières versions grecques de l’Évangile de Luc (codex Bezae et codex Vaticanus) est Oulammaus. Ce nom est repris de l’Ancien Testament, où c’est le lieu du songe dit de l’échelle de Jacob. Se réveillant après ce songe, en Genèse 28, 19, Jacob nomme le lieu de son rêve “Maison de Dieu” (traduction de l’hébreu Beth-El) et OULAMMAUS ou même OULAMLOUS, dans certaines versions de la Septante.
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